Tester sa FTP : le protocole qui ne ment pas
Le test de 20 minutes reste la méthode la plus fiable pour estimer ta FTP. Voici comment l'exécuter sans fausser tes chiffres.
Par Antonin Albouy2 min de lecture
Tu ne peux pas piloter ton entraînement sans connaître ta FTP. C'est elle qui définit toutes tes zones de puissance. Le problème, c'est que la plupart des cyclistes la testent mal — et s'entraînent ensuite avec des zones fausses.
C'est quoi la FTP, exactement ?
La FTP (Functional Threshold Power) est la puissance maximale que tu peux soutenir en quasi-équilibre métabolique, soit environ une heure d'effort. Au-delà, l'accumulation de lactate t'oblige à ralentir.
C'est la frontière entre l'effort « dur mais tenable » et l'effort « qui te met dans le rouge ».
Pourquoi pas un test d'une heure ?
Théoriquement, le test le plus juste serait de rouler une heure à fond. En pratique, c'est :
- mentalement épuisant,
- difficile à réguler du début à la fin,
- rarement reproductible.
D'où le test de 20 minutes, devenu le standard.
Le protocole de 20 minutes
L'idée : rouler 20 minutes à la puissance la plus élevée que tu peux tenir, puis appliquer un coefficient.
- Échauffement : 15 à 20 minutes progressives, avec 2-3 accélérations courtes pour ouvrir les jambes.
- Effort d'ouverture : 5 minutes à fond pour vider l'excès de fraîcheur (oui, à fond), puis 10 minutes de récupération facile.
- Le test : 20 minutes au maximum tenable. Pars un peu trop prudent plutôt que trop vite.
- Retour au calme : 10 minutes faciles.
À la fin, prends ta puissance moyenne sur les 20 minutes et multiplie-la par 0,95 :
FTP estimée = puissance moyenne (20 min) × 0,95
Le coefficient de 0,95 compense le fait que tu peux tenir plus de puissance sur 20 minutes que sur une heure complète.
Les erreurs qui faussent tout
Un test raté, c'est pire que pas de test : tu vas t'entraîner pendant des semaines avec des zones décalées.
Les pièges les plus fréquents :
- Partir trop vite. Tu exploses à mi-parcours et ta moyenne s'effondre. Vise un effort régulier.
- Tester fatigué. Un test se fait reposé, idéalement après un ou deux jours faciles.
- Changer les conditions. Home-trainer un mois, route le suivant : tes chiffres ne seront pas comparables.
- Oublier l'effort d'ouverture. Sans lui, tu surestimes ta FTP sur les premières minutes.
À quelle fréquence retester ?
Toutes les 4 à 6 semaines suffisent. Plus souvent, tu mesures du bruit ; moins souvent, tu rates ta progression. Note toujours tes conditions de test pour comparer ce qui est comparable.
Et ensuite ?
Une fois ta FTP connue, tu peux calculer tes zones et, surtout, ramener le tout à ton rapport watt/kg pour te situer. C'est le sujet d'un autre article — la métrique qui résume vraiment ton niveau.
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